Compte-Rendu Réunion du 19/11 à Prades le Lez pour le rond-point de Girac

Organisation de la réunion

60 / 80 personnes dans le hall de la mairie. C’est reparti pour une « présentation du projet ». Depuis la réunion de Montferrier, on voit que l’organisation est un peu plus rôdée : micro à disposition pour que tout le monde entende, plan de la réunion annoncée en préambule, organisation pour les temps de paroles sur les questions, etc… et les propos se font de plus en plus précis.

Avec Jean-Paul nous échangeons avec Mr Martinez : le collectif n’aura aucun document contrairement à ce
qu’il avait affirmé à Montferrier
. Il doit voir avec Julie Frêche et reviendra vers nous pour organiser une réunion avec le collectif ET les élus.

La réunion

Après que Florence Brau, maire de Prades et également Vice-Présidente à la Métropole, a affirmé que « le projet est quasiment arrêté », Mr Martinez précise que ces réunions sont le « souhait des élus métropolitains devant un déficit d’information d’être en contact et conversation avec les habitants ». L’objectif est d’identifier
toutes les questions des habitants et d’y répondre. Mr Martinez et ses équipes doivent voir Julie Frêche
jeudi prochain (24/11) pour lui faire remonter les questionnements des habitants.

Présentation des intervenants et du projet

Sont présents 5 techniciens TAM/Métropole (dont 2 que nous avons déjà vu à Montferrier) :

  • L Dettet, ligne 5, chef de projet Métropole + mission sur Prades sur projet annexes.
  • Y. Servignat : directeur technique et des projets à la Tam
  • C David : directrice marketing de la Tam; restructuration des lignes de bus et bus tram
  • C. Recoules : chef de projet de la ligne 5
  • J. Martinez : directeur de projet à la Métropole sur les mobilités

Pour les élus :

  • Florence Brau maire de Prades et vice-présidente de la Métropole, et son 1er adjoint. On notera que contrairement à Montferrier, que ces élus sont restés présents face au public jusqu’au bout et surtout se sont exprimés (et ont exprimé publiquement certaines inquiétudes face à ce projet contrairement à certaines autres élues).

Le contenu :

  • Présentation des équipements de l’arrêt Heliotel et Girac, rien de nouveau si ce n’est que la présence d’un terminus Bus à Girac semble se profiler (ce n’était pas le cas il y a 15 jours, où seul un terminus Bus était prévu à Agropolis/Héliotel).
  • Un passage souterrain sera créé pour la liaison de la piste cyclable venant de la RM17 vers Clapiers.
  • Sur les sens de circulation : la rue Arthur Young (qui relie la route de Mende en haut du lycée Frédéric Bazille au rond-point Louis Malassis en bas de Montmaur) sera à sens unique comme c’est le cas actuellement (à cause du bois de Montmaur) tout comme l’avenue d’Agropolis (Cirad).
  • Le rond-point d’Agropolis sera scindé en 2 petits ronds-points « lunettes », alors que ce rond-point sera amené à recevoir une partie du report de flux lié à la suppression du rond-point de Girac, mais cela ne semble poser de problème à personne car ces ronds-points seraient en capacité de supporter 40% de flux supplémentaire. On peut se demander si ces gens sont venus voir ce qu’il se passe le matin et le soir au rond-point d’Agropolis depuis que les travaux ont commencé : c’est déjà une belle pagaille.
  • Confirmation une nouvelle fois que le rond-point de Girac actuel disparaitra pour laisser place à un micro-rond-point avec suppression de 2 sens de circulation de Montpellier vers Prades et de Prades vers Clapiers. Ils ne lâchent pas sur ce point, qui est pourtant LE principal point de tension ; personne ne veut de cette configuration-là. On nous ressert l’exemple du P+tram du Prés D’Arènes, non utilisé, pour justifier la suppression du giratoire tel qu’il est aujourd’hui. Une nouvelle fois je leur explique qu’on ne peut pas comparer un parking qui se situe à 5 min du centre-ville de Montpellier et en sortie d’autoroute avec un P+tram excentré. Ils n’écoutent pas, pour eux le fait qu’il y ait de l’attente au rond-point de Girac serait un frein pour que les gens laissent leur voiture. Encore une fois je prends l’exemple du parking d’Occitanie, plein en permanence alors qu’il faut au bas mot 15 min d’attente dans un embouteillage pour l’atteindre (rond-point de la Lyre et route de Ganges), pour contrer leurs arguments. Pas de réponse, ils bottent en touche.
  • Le but de la suppression du rond-point est double selon eux : « inciter » (comprendre forcer) les gens à laisser la voiture à Girac, et déconnecter le trafic de transit du rond-point ; Le nouveau petit rond-point ne servant quasi exclusivement qu’à l’accès au P+tram. Mais quid des gens qui ne vont pas en centre-ville et donc ne prennent pas le tram ? On dirait qu’ils n’existent pas.

Les questions / réponses (enfin si on peut appeler cela des réponses…)

De nombreuses questions (en italique ci-dessous) se recoupaient, voici un résumé de celles qui permettent de mieux comprendre le projet, et les réponses qu’ils essaient de nous faire « avaler ».

Pourquoi le projet initial a été modifié ?

Refus du Service de l’État des transports guidés (STRMTG) pour des questions de sécurité du projet initial (avec parking au milieu). C’est ce service qui a demandé de revoir l’aménagement du rond-point de Girac.

Question sur le caractère substantiel de la modification ?

Les juristes de la Métropole ont été interrogés, et ils ont estimé que la modification avec la suppression du rond-point n’est pas une modification substantielle (en comparaison avec par exemple la modification sur le parc Montcalm, qui a modifié + de 3km de tracé) ; il n’y aurait pas d’exemple dans la jurisprudence, ce qui ne veut pas dire que cette modification ne peut pas être caractérisée comme substantielle, seul un juge peut se prononcer à ce sujet.

Une étude de rond-point à lunettes comme à Agropolis a-t-elle été envisagée ? Quelles étaient les autres solutions ? La mise en place d’une tremie ou de bretelles ne serait-elle pas la solution ?

Il faut que le transit de la RM65 soit déconnecté du rond-point + problème de foncier, de PPRI (Plan de Prévention Risque Inondation), de bassin de rétention, de place, etc… bref, on ne sait pas si d’autres solutions conservant le rond-point ont été proposées et pourquoi celle-ci en particulier a été retenue (enfin, si, pour contraindre).

Un passage en souterrain ou des bretelles pour rétablir les mouvements supprimés ?

C’est non (ratio cout/véhicules concernés) ; mais selon M. Martinez en off en fin de réunion, ce n’est pas le coût le problème.

Comment on fait pour aller de Prades vers le Millénaire ?

Plan des reports pour le mouvement Nord – Est présenté et expliqué : Lien 35% de report mais il a ses limites (et il est peu probable que ce soit à ce niveau), rue de la Duque à Prades (très dangereuse) 10%, route de Mende 35% avec réouverture du pont sur Lez (sous-évalué, et c’est pas demain que le pont sera réouvert), 20% sur Girac (demi-tour à Agropolis pour remonter sur la RM65). On voit bien avec cette réponse qu’ils sont complètement déconnectés de la réalité du terrain.

Comment fait-on pour aller de Montpellier vers Prades ?

Plan des reports pour le mouvement Ouest – Nord : Route de Ganges 40% selon eux – on a failli s’étouffer, c’est largement surévalué compte tenu de l’embouteillement actuel de cette route, on serait plutôt sur du 15/20%, route de Mende, ils n’ont pas donné le ratio, mais c’est le plus simple et le plus rapide, le % serait donc énorme (peut-être pour cela qu’ils n’ont pas donné), dernière possibilité demi-tour au rond-point de Fesquet/Botanic (pas de ratio donné).

Question sur la validité de la DUP par rapport au démarrage des travaux et sur la compatibilité avec le PLUI (1ère DUP 28 août 2013 – renouvelée par le Préfet le 28 août 2018 – et qui expire 28 août 2023) ?

La DUP sert pour les expropriations, qui ont été lancées depuis 1 an. On apprend alors que les travaux du rond-point de Girac vont débuter à l’été 2023 (donc juste avant la fin de validité de la DUP, intriguant tout de même), et que même si la DUP n’est plus valide ils pourront continuer les travaux. Selon eux, le projet est compatible avec le futur PLUI, ce qui est invérifiable à ce jour.

Quid de la réunion publique réunissant les 3 communes, annoncée pour le 28/11 par le maire de
Montferrier, Mme Devoisselle, lors du conseil muncipal du 06/10 dernier ?

Elle n’aura pas lieu : les représentants de la Métropole et de la TAM, lors des 3 réunions (Montferrier, Clapiers et Prades), ont écouté les habitants, noté les questions et remarques des habitants et vont les présenter aux politiques (maires et VP Métropole). Après ils verront si et quand une réunion publique aura lieu… aucune date n’est avancée.

Question sur les bus : la ligne 23 n’ira plus à Occitanie, ce qui veut dire que si vous voulez aller en tram aux
hôpitaux, il faudra aller jusqu’à Girac ou Agropolis/Héliotel, changer de tram à St Eloi (ligne 5 et prendre
ligne 1), donc je vous laisse imaginer le temps de trajet par rapport à l’actuel (ou à la voiture) ?

Il n’est toujours pas prévu de navettes entre Prades et Girac. Personne n’a su dire pourquoi. Le maire de
Prades a envoyé un courrier en début de semaine à la Métropole à ce sujet.

Prochaine échéance

Réunion d’information de l’association et groupe d’opposition de Prades « Les Citoyens de Prades »
mercredi 23/11 à 19h au foyer rural de Prades.

Conclusion

Ce que l’on peut en déduire à la suite des 3 réunions (Montferrier le 5.11, Clapiers le 16.11 et Prades le 19.11) :

1/ La mort du rond-point de Girac est annoncée, entraînant avec elle la suppression de 2 mouvements qui
induiront un report de flux important notamment sur la route de Mende, Montferrier et le rond-point Agropolis. Pour les Pradéens, ils ne pourront plus rejoindre l’Est sans faire des détours importants, et les Clapiérois, notamment ceux du Fesquet, vont subir des reports de flux importants, sous-évalués par les hypothèses.
2/ Les études de report de flux ont été faites à la légère, sur des hypothèses qui ne collent pas du tout à la réalité du terrain ; le report modal sur le P+tram ou autres moyens de mobilité douce sont surévaluées, car ils ne tiennent pas compte des automobilistes qui ne se rendent pas à destination du centre-ville ou d’un quartier relié par le tramway. Montferrier et Clapiers seront très impactés, mais ça n’a pas l’air de les inquiéter plus que ça.
3/ Les maires sont au courant au moins depuis le printemps 2022 et la Métropole a attendu plus de 6 mois avant de daigner informer les habitants de tous ces changements (et encore, c’est certainement en réponse à la réunion de SOS Lez environnement le 14/10/2022) ; il n’y avait et n’y a aucune intention de concertation, les techniciens sont là pour faire « passer la pilule », « noyer le poisson » et « gagner du temps ».
4/ Tout (ligne 5, pistes cyclables, vélo ligne, etc.) doit être bouclé pour 2025, année précédant les élections municipales, mais on nous soutient que ce n’est pas pour ça qu’on précipite les choses, que le chantier a pris du retard, que c’est vital que ça aille vite. Bref, on nous prend pour des imbéciles, et au lieu de prendre le temps de se poser pour trouver des solutions qui permettraient une vraie multi modalité voiture-tram-mobilités douces, on préfère sacrifier 3 villages pour des intérêts purement politiques, en faisant semblant d’écouter.

Compte-rendu réalisée par Marie-Anne Piques, Présidente « Montferrier Ensemble »

Présents à cette réunion pour l’association « Montferrier Ensemble : Marie-Anne Piques, Présidente
Montferrier Ensemble, Jean-Marie Miossec (Marie-Anne et Jean-Marie font partie du collectif contre le
projet de réaménagement du RP de Girac), Bruno Alexandre, Thierry Crespon et Jean-Paul Bord.

Le combat ne fait que commencer…

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